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Eau Territoire Aménagement du territoire
Le 22 août 2022

L’eau dans le Cher

Présentation du territoire et de ses réseaux d’alimentation en eau

L’eau, une ressource à préserver

💧 En France, il nous suffit d’ouvrir un robinet pour avoir accès à l’eau. Elle est tellement présente dans nos vies que nous avons tendance à minimiser son importance. Pourtant, à l’échelle mondiale, l’eau devient rare notamment du fait de l’évolution sensible de la population. Elle pourrait également être mieux gérée afin de la préserver et faire face aux aléas climatiques. Le Département et ses partenaires s’attèlent à cette nouvelle mission capitale pour l’avenir.

Les épisodes de canicule des derniers étés ont alerté le grand public sur le risque de pénurie en eau. Chacun a pu constater, par les restrictions annoncées ou encore les cours d’eau desséchés, les effets de ces conditions climatiques sur la ressource en eau.

Le rôle et la mission du Département

🛠️ Si le Département n’intervient pas de façon directe auprès des particuliers, il accompagne cependant les collectivités comme les Communes ou Intercommunalités, dans leurs missions relatives à l’eau. Acteur incontournable dans ce domaine, le Département participe également, en concertation avec un réseau de partenaires (services de l’Etat, Agence de l’eau Loire-Bretagne, associations…), à la protection de cette ressource et à la sensibilisation à son utilisation.

👉 Le Département du Cher apporte une assistance technique et un appui aux collectivités sur trois thèmes :

  • l’eau potable : le Département propose aux collectivités éligibles (principalement de petites Communes n’ayant pas les moyens techniques internes pour répondre à ces questions), un accompagnement dans la conduite de leurs missions en matière d’eau potable. Cela peut être, par exemples, une assistance en matière de distribution d’eau potable, des conseils dans le montage des dossiers administratifs ou encore de petites interventions sur les réseaux de captage pour limiter les fuites ;
  • l’assainissement : en matière d’assainissement collectif, le Département intervient auprès des collectivités éligibles pour optimiser le fonctionnement des ouvrages d’assainissement. Ses techniciens et ingénieurs peuvent par exemple proposer des analyses sur les eaux usées ou les eaux traitées dans les stations d’épuration ;

En matière d’assainissement non-collectif, le Département accompagne les Services publics d’assainissement non-collectif (SPANC) pour notamment programmer et suivre les travaux d’entretien ou d’amélioration des ouvrages.

CHIFFRES CLÉS

  • 96 conventions signées avec les collectivités en matière d’assainissement collectif.
  • 5 conventions signées avec les collectivités en matière d’assainissement non collectif.
  • ¼ des stations d’épuration ont moins de 10 ans, ce qui traduit un effort des collectivités en la matière.
  • Tous les syndicats de rivière du Cher sont accompagnés par le Département.
  • les milieux aquatiques : dès 2004, le Département a mis en place une cellule Assistance et suivi des travaux en rivière (ASTER) pour accompagner les syndicats de rivière locaux dans le suivi de leurs programmes de restauration de cours d’eau et rivières.

Etat des lieux dans le Cher

La répartition des nappes phréatiques en France n’est pas homogène et le Cher est classé, depuis 1994, en Zone de répartition des eaux (ZRE). Ainsi, il est identifié comme un secteur à risque au niveau déficit, les besoins en prélèvements étant supérieurs à la quantité d’eau disponible

D’une superficie d’environ 4 750 km², le territoire couvre les bassins hydrographiques du Cher, de l’Arnon et de l’Yèvre, dans le département du Cher avec quelques communes de l’Indre à l’ouest, sur le bassin de l’Arnon, et de l’Allier et la Creuse, respectivement pour les bassins de l’étang de Goule et celui de Sidiailles
Le bassin versant hydrographique de la rivière Cher présente un déficit récurrent entre ressource en eau disponible dans le milieu naturel et besoin pour les usages. En effet, au niveau hydrogéologique, la faible capacité de la nappe des calcaires du Jurassique supérieur et son cycle annuel de recharge, cumulé à d’étroites relations entre cette nappe et les rivières sus-jacentes durant toute la traversée de la Champagne Berrichonne, ne suffisent pas à satisfaire la préservation des écosystèmes aquatiques et les besoins en eau pour l’alimentation humaine, l’irrigation, l’industrie, les loisirs...
Depuis 1994, en raison de ce déficit constaté entre ressource en eau disponible et prélèvements, le bassin versant hydrographique de la rivière Cher est classé par décret en Zone de Répartition des Eaux (ZRE) à l’amont de Châtres-sur-Cher (41) et à l’aval de la confluence avec la Tardes.
C’est dans ce contexte que les Commissions Locales de l’Eau des SAGE Yèvre-Auron et Cher amont ont fait de la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau, notamment de la nappe du Jurassique supérieur, un des enjeux prioritaires. La totalité du périmètre du CTG2Q est classé en zone de répartition des eaux, au titre du bassin versant du Cher.

En effet, l’enjeu quantitatif sur l’irrigation est identifié depuis de nombreuses années sur le bassin versant du Cher. Des volumes prélevables par usage ont ainsi été définis sur le périmètre des SAGE Yèvre-Auron depuis 2014 et Cher amont depuis 2015. Un organisme unique de gestion collective des prélèvements, AREA Berry, a été créé en 2009 afin de répartir ces volumes entre irrigants. Le premier travail a consisté à recenser les prélèvements.

 Sur le bassin Yèvre-Auron, les irrigants ont débuté ce travail dès la fin des années 1990, suite à une période de sécheresse intense. Ainsi, une gestion volumétrique des prélèvements s’est mise en place progressivement depuis les années 1998 sur le périmètre du SAGE Yèvre-Auron. Les volumes prélevables y sont respectés par les irrigants qui ont diminué leurs prélèvements par rapport aux années 1990. Le nouveau défi des exploitations consiste à s’adapter au changement climatique : augmentation des températures et de la demande en eau des plantes, diminution des précipitations estivales, sécheresse hivernale ou de printemps, et restrictions d’irrigation précoces.

 Le bassin Cher-Arnon n’est pas aussi avancé dans la démarche. Sur certains sous-bassins versants, les volumes prélevés dits « impactants » en période d’étiage dépassent actuellement les volumes prélevables définis dans le SAGE Cher amont. AREA Berry a terminé le recensement des irrigants en 2019 et a déposé une demande d’autorisation avec un premier plan de répartition des prélèvements. La prochaine étape prévue par l’organisme unique est l’atteinte rapide des volumes prélevables en étiage.
Sur certains sous-bassins, la diminution de volume à réaliser est très importante (de 42 % à 88 %). Son application directe aurait de fortes conséquences socio-économiques sur les territoires et les exploitations concernées.
Par ailleurs, l’ensemble du territoire du CTG2Q est également situé en zone vulnérable pour les nitrates excepté l’extrême sud. Au titre de la Directive Nitrates, un programme d’actions est mis en œuvre au sein de ce périmètre afin d’éviter à la fois une augmentation de la concentration en nitrates d’origine agricole dans les eaux mais aussi contribuer à sa diminution par l’adoption de pratiques agricoles adaptées (analyse des sols, réduction des intrants azotés, cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN), …).
Par ailleurs, certaines communes au sein de cette zone vulnérable, présentant une dégradation par les nitrates plus marquée, sont désignées "zones d’action renforcée" (ZAR) sur lesquelles s’appliquent des prescriptions supplémentaires prévues dans le programme d’actions nitrates.

 Le territoire comprend 5 captages prioritaires : Le Porche et Saint-Ursin à Bourges, Soulangis, Coust et Sidiailles.
Situés principalement en contexte de grandes cultures, associées parfois à de l’élevage, ils présentent tous une problématique nitrate, combinée à une attention particulière concernant les pesticides pour Le Porche et Soulangis.
Enfin, d’après l’étude sur le changement climatique réalisée en 2017 par l’Établissement public Loire sur les territoires des SAGE Cher amont et Yèvre-Auron, il faut s’attendre à un réchauffement généralisé sur le territoire (+2.1°C), plus marqué au printemps et à l’automne. Le déficit hydrique augmenterait fortement en période estivale avec une augmentation de l’évapotranspiration des plantes et une baisse des précipitations. La ressource en eau serait moins disponible l’été avec une baisse du débit des cours d’eau (-25 et -28 % pour le module respectivement de l’Yèvre à St-Doulchard et du Cher à Vierzon), prolongé plus tard sur l’automne, et une recharge moindre des nappes souterraines l’hiver (-29%). Dans ce contexte, le risque d’étiage hivernal associé à un déficit pluviométrique au printemps est à prendre en considération.
Ces premiers éléments illustrent la nécessité de mener une démarche visant à repenser l’économie des exploitations agricoles et du territoire face à la baisse de la disponibilité en eau.

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Dispositif Concert’eau, qu’est-ce que c’est ?

Tous unis pour préserver la ressource en eau
Ces dernières années, les bouleversements climatiques nous ont fait prendre conscience de l’importance de la ressource en eau mais surtout de sa fragilité. Cours d’eau asséchés, pollution…sont autant de problématiques qu’il est nécessaire de faire évoluer pour continuer à bénéficier d’une eau de qualité, essentielle à la vie. L’ensemble des usagers de cette ressource ont décidé de prendre le problème à bras le corps et sont réunis autour de la démarche Concert’eau pour changer les choses.

QUESTION À

🎤 Didier Brugère - Vice-président du Conseil départemental en charge de l’environnement et de l’eau

Pourquoi le Département s’est-il engagé comme pilote de Concert’eau ?
Les politiques de l’eau sont l’une des priorités de ce nouveau mandat. Le travail amorcé lors du précédent mandat, avec Concert’eau et tous les partenaires volontaires, s’inscrit pleinement dans cette stratégie volontariste. Il est essentiel de permettre à chacun l’accès à l’eau tout en travaillant sur un usage raisonné de cette ressource commune. Le Conseil départemental sera le garant de ce travail partenarial et collaboratif.

Un diagnostic alarmant
La répartition des nappes phréatiques en France n’est pas homogène et notre département est identifié, depuis 1994, comme un secteur à risque au niveau quantitatif, les besoins en prélèvements étant supérieurs à la quantité d’eau disponible. Au niveau qualitatif, une autre problématique est soulevée dans le Cher : 72% des cours d’eau (masses d’eau superficielles) ne sont pas en bon état.
Ces deux constats ont poussé les représentants des usagers de l’eau (particuliers, agriculteurs, industriels), à se mobiliser autour d’une démarche collective, un Contrat territorial de gestion quantitative et qualitative de la ressource en eau dénommé Concert’eau.

Onze partenaires sont réunis autour du Conseil départemental, porteur de la démarche : l’Agence de l’eau Loire Bretagne, la Préfecture du Cher, l’Etablissement public Loire, la Chambre d’agriculture du Cher, AREA Berry, FDEGEDA, le PETR Centre Cher, Monin et les syndicats de rivières (SIVY, SIAB3A, SMAVAA).

LE SAVIEZ-VOUS ?

Chacun, par de petits gestes, peut faire évoluer les choses. Ainsi, l’ADEME propose sur son site, des astuces pour réduire sa consommation et ainsi économiser l’eau et l’énergie. Devenez une famille à énergie positive et réduisez votre facture ! Tout le monde sera gagnant ! Plus d’informations www.ademe.fr

Des enjeux essentiels pour l’avenir
L’enjeu est de taille : atteindre une gestion équilibrée et durable de la ressource en conciliant les intérêts des différents usagers.
Pour y parvenir, les partenaires ont décliné, en 2021, un plan de 24 actions s’articulant autour de 9 enjeux. La stratégie adoptée porte sur plusieurs axes :

  • améliorer la connaissance des acteurs par des études sur le terrain ou encore des relevés. Les actions sur cet axe porteront notamment sur l’acquisition de nouvelles données pour les agriculteurs sur les cultures, les techniques d’irrigation ou encore les intrants agricoles, c’est-à-dire les produits qui ne sont pas naturellement présents dans les sols ;
  • réduire la consommation en eau en accompagnant, entre autres, le développement de nouvelles filières plus économes en eau et intrants agricoles.
  • aménager le territoire en proposant des adaptations techniques. Accompagner notamment la réflexion autour de l’installation de retenues de substitution en eau ;
  • et enfin, dialoguer en proposant des actions d’information et de sensibilisation auprès des différents publics.

Ce plan d’actions sera conduit pendant 3 ans. A l’issue, une évaluation de ces actions sera proposée aboutissant ou non, en fonction des conclusions recueillies, à la mise en œuvre d’actions complémentaires jusqu’en 2026.
Cependant, tout au long de la démarche, les échanges entre partenaires permettront, si nécessaire, de réorienter la stratégie du programme d’actions. Une démarche encadrée face à un enjeu essentiel pour l’avenir.

ZOOM sur deux actions de Concert’eau

Les animations pédagogiques portées par trois syndicats de rivières
Cette année, les syndicats de rivières de l’Yèvre (SIVY), de l’Auron-Airain (SIAB3A) et de l’Arnon (SMAVAA) ont proposé une trentaine d’animations au public. En collaboration avec Nature18 et le CPIE Brenne-Berry, ils ont abordé le cycle de l’eau et l’importance de préserver cette ressource dans un contexte de changement climatique. Les écoles maternelles ont par exemple travaillé sur la découverte des milieux aquatiques.
Plus d’informations : https://www.vallee-yevre.com/animations-concert-eau

Monin et la réutilisation de l’eau
L’entreprise agro-alimentaire Monin s’est lancé le défi du « zéro rejet liquide ». Elle cherche ainsi à réduire son empreinte environnementale en convertissant l’eau usagée, utilisée dans le cadre de son activité, en ressources. Cette action est lauréate de l’appel à projet Life Zeus lancé par la Commission européenne pour la réutilisation de l’eau dans l’industrie de l’alimentation et de la boisson.
Plus d’informations : www.monin.com

CHIFFRES CLÉS

  • 26 millions de m3 d’eau potable produits par an dans le Cher (dont 85% proviennent d’eaux souterraines-contre 64% au niveau national)
  • 73 captages d’eau potable dans le Cher
  • 11 collectivités ont contractualisé avec le département sur cette thématique.