Conseil général du Cher
Histoire de l'aéronautique dans le Cher - 1910-1945

Accueil > Fiches pdagogiques > La naissance de laviation dans le Cher

Fiches pdagogiques

La naissance de laviation dans le Cher

En 1909 est constitué le premier aéroclub du Cher, l'aéroclub du Berry, à l'initiative du prince Pierre d' Arenberg (1871-1919). Ce dernier contribua fortement au développement de l'aviation civile et militaire dans le département du Cher (voir fiche 2). Les aéroclubs réunissent les amateurs pratiquant le pilotage d'avions légers et sont à l'initiative de toutes les manifestations aéronautiques qui se déroulent à cette période. L'aéroclub du Berry compte des adhérents illustres - tels l'abbé Moreux – et se donne pour objectif de participer activement au développement de l'aviation et de faire connaître au public cette activité naissante. Dans une lettre adressée à Jacques Rivière en août 1910, l'écrivain berrichon Alain Fournier évoque pour la première fois le passage d'un « un monoplan, en plein ciel... Pour la seconde fois, j'ai regardé cela avec une émotion sans mots... ». La France est alors la nation du monde la plus engagée dans l'aviation (document 2).

Du 20 au 25 octobre 1910, le premier meeting aérien de l'histoire du Cher, intitulé « Bourges Aviation », est organisé par l'aéroclub du Berry sur un terrain d'aviation improvisé, situé sur le polygone de tir, entre l'ancien chemin de Blet et la route de Crosses (documents 1a1b et 1c). Ce meeting aérien est l'acte de naissance véritable de l'aviation civile dans le département du Cher.  L'artiste berruyer aquarelliste Ferdinand Chaumeau (1885-1950) est chargé de réaliser la couverture du programme officiel. Il comprend 5 épreuves où cinq jeunes aviateurs concourent sur des biplans (avions à deux plans de sustentation) solides et légers de marque Voisin ou Farman ainsi que sur des  monoplans Blériot (document 3). Le préfet du Cher et le général Picard, futur ministre de la Guerre, assistent à cette manifestation. Pour les fabricants d'aéroplanes, il faut être présent dans les meetings afin de se faire connaître et montrer aux militaires en particulier que leurs appareils sont synonymes de sécurité et de qualité. A cette période, l'armée française constitue le principal client de tous les avionneurs.

Le meeting est avant tout une animation proposée au public pour qu'il puisse voir de près l’avion. Cette attraction est considérée comme curieuse, voire fabuleuse par certains. Avant la Première Guerre mondiale, l'avion sert plus d'attraction que de moyen de déplacement. Cette manifestation attire 40 000 spectateurs environ qui viennent admirer ces curieuses machines volantes. Selon les journalistes locaux présents à ce meeting, les routes du Polygone  sont encombrées d'automobiles, de bicyclettes et de piétons qui veulent assister au meeting aérien.

Le public admire également ces aviateurs qui réalisent devant eux des prouesses, tel Jean Bielovucic qui fait sensation en survolant pour la première fois la cité de Bourges tout en effectuant un large virage autour de sa cathédrale. Un autre aviateur, Fernand Blanchard parvient à voler « en haute altitude » à plus de 800 mètres avant de descendre très rapidement, d'effectuer un vol plané et de se poser face au public. Malheureusement, après la manifestation, cet intrépide aviateur meurt accidentellement sur le chemin du retour vers Paris.

D'autres meetings se déroulent à la même période dans le Cher. Au début du mois de juillet 1911, à Vierzon, deux aviateurs assurent le spectacle devant une foule de près de 10 000 personnes. Du 12 au 15 août, l'aérodrome du Vernet à Saint-Amand-Montrond accueille 6 aviateurs et 15 000 personnes environ.

Tlcharger la fiche pdagogique


© Archives départementales du Cher - Plan du site - Informations légales - Crédits - Contact